“Une super visite pleine d’anecdotes ! 😉 ”

L’anecdote” ! En voilà un concept très sexy dans le milieu de la visite guidée. Quel guide n’a pas déjà entendu 100 fois : “On a fait une visite, c’était super la guide racontait plein de petites anecdotes !” ou bien “On voudrait une visite guidée mais quelque chose de vivant, avec des surtout anecdotes…

Pourtant, nous sommes nombreux à avoir du mal à définir précisément ce concept, et encore plus de mal à dire pourquoi les anecdotes sont si sexy. 

Qu’est-ce qu’une anecdote ?

Commençons par une définition. Le Larousse nous dit : 
Fait de caractère marginal, relatif à une ou à des personnes, inédit ou peu connu, auquel on peut attacher une signification, mais qui reste accessoire par rapport à l’essentiel : Récit historique qui se perd dans l’anecdote.
Bref récit d’un fait curieux ou pittoresque, susceptible de divertir ; histoire.

Donc quelque chose de bref, curieux, divertissant, mais surtout de “non essentiel” (comme la culture en temps de COVID-19… Oups… je m’égare). 

Pourtant, chez Cybèle, il nous semble que les anecdotes sont essentielles à toute bonne visite guidée. Elles doivent même en constituer le cœur. 

Qu’est-ce qu’une anecdote (bis) ? 

Pour nous, l’anecdote est la petite histoire dans la grande histoire. C’est le fait concret, qui rend la grande histoire tangible, sensible. Nous autres commun des mortels avons bien du mal à nous projeter dans de grands récits de stratégie militaire, ou à comprendre des décisions politiques prises par des Rois d’un autre temps avec lesquels nous n’avons rien en commun.

Par contre, nous pouvons imaginer ce que vit le soldat quand il est au cœur de la bataille et peut-être, comprendre la grande stratégie militaire. Nous pouvons nous projeter dans ce que vivent des gens au quotidien et les changements dans leur quotidien à cause de décisions politiques ou économiques. 

Les anecdotes nous permettent de raconter l’histoire de façon compréhensible, concrète. Voilà pourquoi elles sont si appréciées en visite guidée. Parce qu’une visite guidée n’est pas un livre ou un cours d’histoire : c’est une expérience sensible !

Comment intégrer des anecdotes en visite guidée ? 

Pas besoin de connaître forcément des faits très précis, d’autant que nous avons rarement les sources nécessaires pour aller très loin dans les détails concernant des personnes précises. Cependant, il est toujours possible de raconter un fait historique, un événement, à travers le prisme d’un personnage… en inventant un peu !

En détaillant des faits et gestes, le fait historique qui peut paraître abstrait devient soudain très concret et se déroule là, sous nos yeux ! Ce choix suppose parfois d’inventer un peu. Raconter un personnage fictif et lui inventer des faits et gestes. Mais à partir de bonnes sources historiques générales, cela peut-être fait de façon assez simple, sans risquer d’être anachronique ou complètement à côté de la plaque.

Essayez, vous verrez comme votre visite prend soudain une autre tournure !

Un exemple 

Dans notre visite de la Part-Dieu (qui n’existe plus… pour le moment !) nous voulions raconter les conflits entre la SNCF qui avait d’abord refusé catégoriquement d’entendre parler d’une nouvelle gare puisqu’il y avait celle des Brotteaux juste à côté. À la fin des travaux, alors que tout le projet de la Part-Dieu avait été conçu sans intégrer la gare, la direction de la SNCF s’était rapprochée de la mairie de Lyon pour dire qu’elle avait changé d’avis et que la gare était à nouveau envisagée. 

Pour rendre l’histoire un peu plus vivante, nous y avons intégré une “anecdote” ! Au lieu de dire que Louis Pradel (le maire de Lyon de l’époque) et Charles Delfante (grand urbaniste du quartier) étaient furieux d’entendre cette demande de la SNCF, nous disions plutôt :

Une fois les plans terminés et les travaux du centre commercial lancés, le directeur de la SNCF demande une réunion à la Préfecture pour annoncer… qu’il réfléchit à l’hypothèse d’une nouvelle gare à la Part-Dieu pour le futur turbotrain en projet. À ce qu’il parait le Préfet a dû user de toute son autorité pour que Charles Delfante et Louis Pradel n’étranglent pas le directeur de la SNCF…